La sexualité épanouie ne dépend pas d’un poids sur la balance. Elle dépend du rapport à soi, de la communication dans le couple, et d’une certaine liberté à explorer. Pourtant, pour de nombreuses personnes en surpoids ou obèses, des barrières concrètes — physiques, psychologiques et relationnelles — s’accumulent et appauvrissent progressivement la vie intime.
Cet article aborde ces barrières directement, avec des solutions pratiques et une approche bienveillante.
Les obstacles concrets — et comment les dépasser
La douleur et l’inconfort physique
Des douleurs articulaires (genoux, hanches, colonne) peuvent rendre certaines positions inconfortables ou douloureuses. Ce n’est pas une fatalité, mais cela nécessite d’adapter le répertoire sexuel — et d’en faire une exploration plutôt qu’une contrainte.
Les oreillers fermes, les coussins de positionnement (il en existe conçus pour la sexualité), ou simplement tester différentes hauteurs et angles peut transformer le confort. Un rapport sexuel n’a pas à ressembler à ce que l’on voit dans les films — et c’est tant mieux.
L’essoufflement
L’essoufflement rapide pendant les rapports est fréquemment cité comme une source de gêne et de honte. Il peut limiter spontanément l’activité sexuelle sans que personne n’en parle — ce silence étant lui-même source de distance dans le couple.
Adapter le rythme, choisir des positions moins exigeantes physiquement, intégrer des pauses naturellement dans l’intimité (caresses, baisers, jeu) plutôt que de viser une performance continue : tout cela contribue à une sexualité plus détendue et plus durable.
Positions adaptées : quelques repères pratiques
Il ne s’agit pas de dresser un catalogue, mais d’indiquer quelques principes qui permettent davantage de confort :
Positions qui répartissent le poids
Les positions côte à côte (cuillère, face à face allongés) répartissent le poids sans le concentrer sur un seul partenaire. Elles favorisent aussi la proximité et le contact peau à peau, qui ont leur valeur propre indépendamment de la performance.
Positions avec appui
Utiliser le bord du lit, une chaise solide, ou le rebord d’une table peut permettre des positions debout ou semi-assises qui évitent la charge sur les genoux ou les hanches. Ces variations changent aussi l’angle de pénétration, souvent avec des résultats agréables pour les deux partenaires.
La position allongée sur le dos — et ses variantes
La position classique reste l’une des moins contraignantes physiquement pour la personne en surpoids en position inférieure. Un oreiller sous les hanches peut modifier confortablement l’angle et améliorer le plaisir. Pour la personne en position supérieure, un appui sur les bras ou sur les genoux réduit la charge.
La confiance en soi : le vrai sujet
Au-delà des positions, la vraie question est celle de la confiance. Plusieurs personnes que j’accompagne en consultation décrivent exactement la même dynamique : elles ont réduit leur vie sexuelle non pas parce qu’elles avaient des douleurs ou de l’essoufflement — mais parce qu’elles ne pouvaient pas supporter l’idée d’être vues dans certaines positions.
Cette autocensure du plaisir est l’une des conséquences les plus douloureuses d’une image corporelle négative. Et c’est sur elle que le travail thérapeutique est le plus transformateur.

Commencer par ce que vous pouvez tolérer
Il n’est pas nécessaire de « tout assumer d’un coup ». On peut commencer par des positions dans lesquelles on se sent moins exposé(e), avec un niveau de lumière avec lequel on est à l’aise — et progresser graduellement. L’objectif n’est pas la performance ou la démonstration, mais le plaisir partagé.
Le rôle de l’habillement
Certaines personnes se sentent beaucoup plus à l’aise en gardant un vêtement léger pendant les rapports — une nuisette, un t-shirt. Ce n’est pas un aveu de défaite. C’est adapter l’intimité à là où on en est aujourd’hui. Et c’est souvent une bonne façon de réintroduire du plaisir sans l’anxiété d’une nudité totale.
Communication dans le couple : briser le silence
Le silence autour de ces difficultés est l’un des plus grands obstacles. Chacun fait des suppositions sur ce que ressent l’autre, et personne ne dit vraiment ce dont il a besoin.
Parler de ce qui est confortable
Une conversation simple sur ce qui est physiquement confortable — sans se justifier, sans minimiser — peut changer le rapport à l’intimité. « J’aime bien cette position », « celle-ci me fait mal au genou, on peut essayer autrement ? » : ce type d’échange normalize les ajustements et les rend naturels.
Parler de la honte
C’est plus difficile, mais souvent libérateur. Dire à son partenaire « j’ai du mal à me sentir désirable », « j’évite certaines positions parce que j’ai honte de comment je dois apparaître » — c’est vulnérable, mais ça ouvre un espace de compréhension que les non-dits ne permettent jamais.
Beaucoup de partenaires sont soulagés d’entendre cela. Parce que ça nomme ce qu’ils sentaient sans comprendre. Et ça leur donne la possibilité de répondre — pas de résoudre, mais d’être présents autrement.
Si la conversation est trop difficile en couple
C’est là que la thérapie de couple peut aider. Pas parce que la relation est en crise, mais parce que certains sujets sont plus faciles à aborder avec un tiers bienveillant qui crée un espace sécurisé.
FAQ
Mon partenaire dit que mon poids ne le dérange pas. Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à le croire ?
Parce que croire au désir de l’autre demande d’abord de se sentir digne d’être désiré(e) — et c’est précisément ce qui fait défaut quand l’image corporelle est négative. Ce n’est pas un problème de confiance en votre partenaire. C’est un problème de confiance en vous-même. C’est travaillable.
Y a-t-il des ressources spécifiques pour les couples où l’un des partenaires est en surpoids ?
Il existe des livres (notamment dans la littérature body-positive anglophone) et des thérapeutes spécialisés. En consultation, je travaille régulièrement avec des couples sur ces dynamiques spécifiques.
Est-ce que ça va s’améliorer si je perds du poids ?
Peut-être partiellement, sur le plan physique. Mais l’image corporelle et la confiance en soi ne se perdent ni ne se gagnent automatiquement avec des kilos. Des personnes ayant perdu beaucoup de poids continuent de souffrir des mêmes difficultés sexuelles. Le travail intérieur est indépendant — et souvent plus décisif.
Vous vous reconnaissez dans cet article ? Une première consultation, en cabinet ou en ligne, peut être le point de départ d’un changement durable. Je vous accompagne avec bienveillance, sans jugement, dans un espace sécurisé.
Photo de Laura Tancredi
Vous souhaitez être accompagné·e ?
Je reçois en consultation individuelle ou en couple, à Sens (89) ou en visioconférence.
Prendre rendez-vous